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Politique. Conseillère départementale centriste, Marine Caron ne participera pas au sondage commandité par la droite et le centre pour désigner la tête de liste aux Municipales 2020 à Rouen. Elle explique son choix.

 

La droite et le centre ont acté le principe d’un sondage de notoriété pour départager les candidats à l’investiture pour les municipales à Rouen. Pour vous, ce n’est plus aujourd’hui la bonne méthode ?

Marine Caron : « Cette décision n’a pas été facile à prendre. J’ai longuement hésité. Aujourd’hui, je n’ai pas signé la charte pour participer à ce sondage. C’est une décision réfléchie et définitive. »
 
Vous préférez partir seule à la conquête de Rouen ou en obtenant le soutien d’un autre parti comme LREM ?
 
« Je ne quitte pas ma famille politique, j’avance différemment. Je n’oublie pas d’où je viens. Je ne renie pas mes origines. Je ne tourne le dos à personne. Mes valeurs restent profondément centristes. Mais à ce jour, je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait. En tout cas, je n’ai pas l’intention de prendre ma carte dans un autre parti. »
 
Il est facile d’imaginer que Catherine Morin-Desailly et Hervé Morin, vos mentors, n’ont pas apprécié votre décision ?
 
« J’en ai longuement parlé avec eux. On a une étape importante qui nous attend à Rouen et on ne partage tout simplement pas la même vision. »
 
Vous n’êtes pas tentée de rejoindre LREM comme votre collègue centriste Robert Picard ?
 
« J’ai effectivement indiqué que je voterai pour la liste Renaissance aux européennes, car ce projet correspond à ma vision de l’Europe de demain. Les municipales, c’est un autre scrutin. C’est avant tout le rassemblement de sensibilités politiques, de personnalités citoyennes venant d’horizons différents. Beaucoup de gens qui ne sont pas encartés s’intéressent aujourd’hui à Rouen. Je reste à l’écoute de toutes ces personnes-là. Pour 2020, il faut être capable de réunir toutes les énergies et les forces rouennaises pour porter un projet de rassemblement. Et ce sondage décidé par LR et Les Centristes ne le permet pas, car il est partisan. Il est lié à deux formations politiques. Les municipales ont toujours été guidées par des logiques de partis, pourquoi ne pas décider d’agir autrement ? Les Rouennais veulent justement autre chose. Il faut prendre le temps de les écouter pour comprendre ce dont ils ont réellement envie. L’équation partisane, ils n’en veulent plus. Ils attendent un projet de territoire. »
 

« Je continue à tendre la main » 

 
En sortant de ce sondage, est-ce que vous tendez la main à une personnalité transpartisane comme Jean-Louis Louvel (1) ?
 
« Je continue à tendre la main comme je l’ai toujours fait. Il faut créer une rupture avec l’héritage du Parti socialiste à Rouen. Quant à Jean-Louis Louvel, c’est quelqu’un qui a une énergie motrice pour le territoire. Si je reprends son slogan préféré ‘Ensemble, plus vite, plus loin’, la bonne personne : c’est avant tout le collectif. Mais le sujet aujourd’hui n’est pas de savoir qui je vais soutenir, ni même si je serais candidate. »
 
Vous pensez qu’une personne est capable de réussir la synthèse de toutes les forces qui ne sont pas de gauche ?
 
« Si on n’a pas le courage d’oser le faire et si on ne prend pas le risque, on ne pourra pas savoir si c’était justement possible. Peut-être que je me trompe, peut-être que c’est une erreur, mais la vie est faite de risques pour savoir défendre ses convictions. »
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« Je ne suis pas candidate à ce poste car je privilégie mon engagement local et mon investissement sur le terrain. Ma priorité aujourd’hui, c’est Rouen. »

(1) Président-fondateur de PGS Group et propriétaire de Paris-Normandie.

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